Photographier à ma façon
- Mike S Dionne

- il y a 3 jours
- 2 min de lecture
Je ne veux pas nécessairement parler seulement de photographie. Je veux surtout parler de ma vision générale de la vie.
J’ai une idée claire de ce que je ressens, mais je suis souvent incapable de mettre des mots là-dessus. C’est difficile pour moi de m’exprimer avec des mots.
La photographie contourne tout ça
.
Elle me permet de m’exprimer, de montrer ma vision de la vie sans devoir me casser la tête à trouver les bonnes phrases.

Ma photographie a évolué. Au début, j’avais de la difficulté à m’exprimer avec elle aussi. Je restais pris dans les conventions : trouver un sujet, photographier des oiseaux, des insectes, des fleurs ou de beaux paysages. Photographier ce qui semblait mériter d’être photographié.
Avec le temps, j’ai compris que ce qui m’attire vraiment est souvent plus discret.

Les détails que la lumière fait apparaître. Les textures. Les contrastes. Les ombres. Les couleurs, qui ne sont jamais les mêmes au soleil et dans l’ombre. Une ligne sur un mur. Une fissure. Un reflet. Quelque chose que beaucoup de gens ne remarqueraient probablement pas.



J’aime aussi des choses un peu bizarres.
Les vieux chars scraps. Les quartiers défavorisés mexicains. Les communautés autochtones du Nord. Les lieux imparfaits, usés, parfois inconfortables. Ce qui ne correspond pas nécessairement à l’idée habituelle du beau.
En relisant tout ça, je réalise que ça décrit assez bien mon profil neurodivergent.

Comme personne autiste, la communication est un défi. Ma sensibilité aussi. Mes intérêts peuvent paraître bizarres. Mais à travers la photographie, j’arrive à trouver tout ça beau.
J’apprends à accepter mes particularités et à m’accepter moi-même.
Ce que j’ai dû masquer dans ma vie, les endroits où j’ai dû me suradapter, les fois où j’ai été incompris : j’apprends maintenant à les montrer et à les mettre en valeur grâce à la photographie.
Ma vision a évolué à mesure que j’ai pris conscience de tout ça et que j’ai commencé à l’accepter.
Quand je regarde mes anciennes photos, je réalise que cette « non-normalité » était déjà là. Mais j’essayais encore de fitter. De reproduire ce que les autres faisaient. De faire des photos qui ressemblaient à ce que je pensais qu’une bonne photo devait être.
Ça me fait penser à ma photo de l’écureuil mort.

N’importe qui pourrait y voir seulement un cadavre. Moi, j’y vois un message. J’y vois quelque chose de beau.
Au début, j’étais très critique envers mes images. Je me sentais novice. Je les trouvais quelconques, banales, parfois sans sujet.
Plus j’avance sur mon chemin, plus je les trouve symboliques, fortes et émotives.
Mes photos m’ont toujours fait vivre quelque chose. Mais les dernières encore plus.
Parce qu’elles sont plus moi.

Plus incarnées.
Plus assumées.

« Photographier, c’est mettre sur la même ligne de mire la tête, l’œil et le cœur. »— Henri Cartier-Bresson


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